LA QUARANTAINE - LACHER CE QUE JE N'ETAIS PAS
En 2007, j'avais terminé mes études de Médecine Traditionnelle Chinoise. J'étais heureuse, diplômée, prête à en apprendre davantage une fois installée en Afrique du Sud.
J'avais résilié mon contrat de travail. Vendu une grande partie de mes biens. Fait mes valises. Et demandé à mes enfants de choisir : éléphants au Cap, ou tea-time en Angleterre avec leur père.
Cette question m'avait déchirée intérieurement. Je redoutais leur réponse. L'idée de me retrouver seule sans eux m'effrayait. Ils ont choisi l'Angleterre car ils ne connaissaient personne en Afrique du Sud.
J'ai pris l'avion seule, vers un projet que j'avais préparé pendant des mois.
Le Cap de mauvaise espérance
À l'atterrissage, le drame digne d'un soap opéra : l'ami qui devait monter le projet de chambres d'hôtes avec moi nous annonce qu'il n'y a finalement pas de travail pour nous. "Ma famille d'abord", a-t-il dit.
J'avais laissé mes enfants, vendu mes biens, et tout misé sur cette promesse. Pour rien.
J'ai demandé le remboursement immédiat de mon investissement. Il ne m'a été restitué que deux ans plus tard.
Ce que l'effondrement a ouvert
Plutôt que de rentrer en France, j'ai cherché du travail sur place. J'ai trouvé un poste de réceptionniste auprès d'un médecin en Médecine Traditionnelle Chinoise, une opportunité d'apprendre et de pratiquer ce que j'avais étudié à l’Académie.
C'est ce médecin qui m'a initiée à la méditation Vipassana en 2008. Dix jours de silence complet, sans parler, sans même échanger un regard complice. Le quatrième jour, une douleur aiguë au niveau du cœur m'a fait sortir de la salle en larmes. Une accompagnatrice m'a recueillie avec une compassion que je n'oublierai jamais.
À la sortie du stage, j'avais décroché mon diplôme de "Nouvel Être". Plus de calme. Plus de clarté. Une meilleure compréhension de mes comportements passés.
C'est aussi en Afrique du Sud que j'ai renoué avec le Qi Gong, grâce à un client devenu maître, puis ami proche.
Ce que la quarantaine m'a vraiment appris
Un effondrement n'est jamais la fin d'un projet. C'est souvent la fin du mauvais projet, celui qui n'était pas vraiment fait pour toi.
La trahison de cet ami m'a forcée à reconstruire, seule, dans un pays où je ne connaissais personne. Et c'est exactement cette reconstruction qui m'a menée vers la médecine chinoise, la méditation, et le Qi Gong, les trois piliers qui définissent encore ma vie aujourd'hui.
C'est ce que je raconte dans le Tome 5 de La Sagesse de la Fraise.
La question de cette semaine
Quel effondrement professionnel ou personnel t'a redirigé vers quelque chose de bien plus juste pour toi ?
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Elisabeth Court, alias Babette
Auteure de La Sagesse de la Fraise